Bonjour à mes fidèles lecteurs, ceux qui m'ont félicité pour mon précédent écrit. Je me suis donc dit que je ne pouvais pas les laisser en plan dans leur soif gargantuesque de mes lubies créatrices.
Vers 19h20, je me réveille après un affreux mal de tête. Je commence à sortir de mon "abri" et j'aperçois quelques amis affairés autour du puits. Il paraît qu'on est presque à sec. En me grattant la tête, non sans provoquer de désagréables résonances dans mon cerveau atrophié, j'aperçois deux courriers dans la vieille casserole rouillée qui me sert de boite-aux-lettres. Je déplie le papier jauni et lis: "Bannir Satyre !"
-"Ah, voilà autre chose" Clame-je en dépliant la seconde lettre sur laquelle je lus: "Non ,en fait c'est bon".
-"Ah!" Fis-je encore à moi-même, qui est la personne avec laquelle je préfère parler soit-dit en passant.
Je ne connais pas très bien ce Satyre. Mais à ce que j'en ai vu, c'est un vieux tout rabougri qui nous sort directement de la "veille première", soit la guerre de 14-18. Le pauvre en a gardé quelques séquelles. il est pas méchant, même s'il continue à parler de sa Gisèle, sa pauvre femme que l'on a jamais vu, exactement comme celle de l'inspecteur Columbo. J'ai supposé qu'elle était morte il y a quelques années et que son cerveau bardé d'éclats de mortier n'en ai pas encore fait le deuil. Il m'était plutôt sympathique pour tout dire, surtout depuis qu'une nuit, en plein délire, il était monté à la tour de guet avec son vieux tromblon et fait feu sur les Hordes en gueulant comme un timbré:
"Tu l'aimes ce calibre enfoiré ! BLAM C'est autre-chose que ton gaz moutarde de tafiole ! Ich Spreiche Deutch und Ich vais t'éclater la gueule !BLAM BLAM Allez, baïonette aux canons BLAM, allez, tous sur le parapet BLAM, ils veulent de la fumée, on va leur en donner façon emmental. C'est pas demain que je boufferai de la choucroute ! BLAM BLAM Je vais vous foutre votre casque à pointe dans le BLAM BLAM BLAM"
Le temps que Splata aille le calmer et lui donner ses petits cachets, Satyre avait dégommé la moitié de la Horde. Il avait fauché plus de 40 zombies. Une pleine praline dans la tête de chaque en moins de 5 minutes. Il est ensuite allé se coucher, et le lendemain il n'avait aucun souvenir de sa nuit, il nous a simplement dit:
-"Tiens, il faudra que j'aille dire à Gisèle qu'on a plus de choucroute pour ce soir. Avec un peu de fromage et de moutarde, j'adore ça. Enfin, du fromage pas râpé, hein ! Après ça me donne des hémorroïdes."
On s'est tous promis de planquer sa réserve de cachets à l'autre-bout du désert pour qu'il nous chante tous les soirs la Marseillaise en dégommant du putride.
Bref. En allant voir un de mes concitoyens pour lui demander ce qu'il s'était passé avec ce vieux. On me répond:
-"Mais quoi tu dormais depuis avant-hier ?
-Ben euh, non... Quel jour on est ?
-Le 4ème Jour vieux ?
-Quoi ? Mais j'ai dormi 48h ! J'avais fait un rêve bizarre qui avait duré longtemps, j'ai rêvé que des chutes de neige avaient fait péter l'accès internet de chez moi et que je m'étais retrouvé sans ordinateur pendant deux jours. C'était le rêve le plus doux que j'avais jamais fait.
-Ouais, bref. Maintenant t'as tout à rattraper ! Bon, je t'explique vite..."
En effet, il m'a tout expliqué... et très vite:
-Les erreurs de débutant du vieux qui n'avait plus toute sa caboche.
-Les objets de déco comme sa vieille pétoire qu'il gardait chez lui.
-Les expéditions inutiles puisque le vieux se perdait dans le désert et ne savait même plus où il devait aller.
Bref. Ayant ensuite accepté les excuses du poilu, mes concitoyens lui ont proposé un marché: Il resterai en ville et marquerai tous les jours ce qu'il y a fait. D'une part pour qu'il puisse s'en souvenir, mais surtout pour le surveiller.
J'allai donc voir cet être qui avait tant souffert. Cela me fît de la peine de le voir assis sur une veille souche, sa main toute tremblotante, à écrire :
"Jour numéro quatre à dix-neuf heures et quarante-cinq minutes: Ai transformé 3 souches en planches tordues"
"Jour numéro quatre, à dix-neuf heures et cinquante-trois minutes: Gisèle n'a toujours pas lavé mes chaussettes grises et je ne trouve toujours pas mes cachets."
"Jour numéro quatre, à vingt heures et zéro minutes: La tranchée numéro trois et tombée. Il faut envoyer des renforts le plus vite possible. Prévoir surplus rations pour les réfugiés."
Alors j'ai fraternellement posé la main sur son épaule, et quand il s'est retourné, je lui ai doucement dit, les larmes au coin des yeux:
-"Alors grand père, vous tenez le coup ?
-COMMENT ?
-.....hem hem ...VOUS ALLEZ BIEN ? -AH, CA VA, CA VA ! LA JEUNESSE C'EST DANS LA TÊTE, TANT QUE LA MIENNE TOURNE ENCORE ROND !(je vous fait le reste en écriture normale, mais cette discussion m'a valu une extinction de voix et une fissure des tympans).
-Pas trop dur cette journée ?
-Hein ? Oh non ! A part que ma Gisèle doit me faire la tête puisque je ne l'ai pas vue de la journée. Ah ! Les femmes. elles sont compliquée mais sans elles, on est bien peu de choses, pas vrai gamin ? C'est que je l'aime ma femme. Un caractère de cochon, ça pour sûr ! Mais des jambes de gazelles et un sourire qui vous emporte l'esprit.
-Je veux bien vous croire. Si je peux faire quoi que ce soit pour vous ,n'hésitez pas.
-Oh, mais c'est que je n'ai plus vingt-ans, mais je tiens toujours sur mes jambes. "
Alors que je m'éloignais, il me gueula:
-"Eh gamin, t'as pas vu mes cachets ?
- Eeeeh non, toujours pas ! Si je peux me permettre, ce doit être les boches qui vous les ont piqués monsieur !
-Ooooh les scélérats ! Les ordures. Ils vont voir un peu. Si ce soir je les voir près de la tranchée ce soir, il va y avoir du sang de Germanie pour abreuver les cactus de Verdun. Le temps de charger la vieille Rosalie et il va pleuvoir de l'acier en rafales ! Aux postes de tir ! On va nourrir les pointus à la graine de 8mm. "
Ciramor